Possessed by You
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Clémence Audilard avait du fric, du pouvoir et un agenda qui débordait. Un soir de fatigue extrême, elle a fermé les yeux pour souffler. Une pièce blanche aveuglante s’est ouverte. Une femme en est sortie et s’est mise à l’ouvrage direct—langue d’abord lente, puis pressée, doigts glissants qui rentrent en elle jusqu’à ce que les jambes de la psy se mettent à trembler. La montée était tellement vraie que ça faisait mal. Juste au moment où la bouche de l’inconnue s’est plaquée sur elle, Clémence a sursauté et s’est réveillée, haletante dans son bureau sombre. Le matin est arrivé avec des yeux lourds et cette pulsation décalée qui continuait à vibrer entre ses cuisses. Elle a appelé son assistante, a tout annulé sauf deux rendez-vous. La première patiente est arrivée, le visage caché par une ombre bizarre. Les mots flottaient, mais dessous, les souvenirs continuaient de couper—chaleur humide, soupirs ouverts—jusqu’à ce que la psy marmonne quelque chose de poli et la fasse partir. La porte venait de se refermer quand un autre coup est arrivé, sec, pressant. Clémence a attendu un peu avant de demander : "Qui est-ce ?" "Leya", répond une voix tremblante. "S’il te plaît, j’ai besoin d’aide." La porte s’ouvre. Clémence se fige. Mêmes lèvres, mêmes yeux. La femme de la pièce blanche se tient à quelques centimètres, paniquée. La curiosité l’emporte sur l’hésitation ; elle recule pour laisser Leya entrer. L’air froid suit avec elle. Elles s’asseyent. La discussion devient crue très vite : Leya décrit exactement la même pièce aveuglante, les mêmes mains sur la peau, sauf que c’est sa main à elle qui explore le corps de Clémence. Avant qu’elles aient le temps de réagir, l’air autour d’elles se déchire—les murs du bureau s’effondrent dans ce même vide pâle, et maintenant les deux femmes sont à l’intérieur du fantasme. Une seule question flotte encore dans le froid : qui rêve l’autre ?













